
T'as déjà vu une prise électrique, plantée là, dans le sol bouillant de la savane? Sans déconner. Ici, dans le coin, les disc-jokeys travaillent à l'ancienne, à coups de paumes ou de baguettes sur les tambours, ingoma, paraît-il en bois magique, celui du umuvugangoma. C'est physique, t'entends pas? Et puis la voix, elle sort toute seule, comme ça. Quand c'est bon, faut plus penser. Vivre. Tu sais quoi, promène donc ton regard aux alentours. Alors! Les corps remuent dans tous les sens, comme possédés. La peau transpire. Les bouches expirent le chant du dedans, le souffle criant. T'es en free-party ouais, un mur de son qui s'installe au coeur de la nuit. L'air claque, chargé de rythmes, et retombe sur le sol qui tremble sous une armées de pieds; tapis de poussières rouges. Tout à l'heure, bien avant, quand le soleil était de feu, il faisait chaud, très chaud, mais jamais trop. Lève tes yeux maintenant, tu peux voir ton faciès dans la lune d'argent, plus encore. La canicule joue les prolongations par le mouvement, déraisonnable. Léchées par le reflet des flammes, les tempes moites scintillent comme un flot d'étoiles basses dans la fumée des encens. L'infini s'invite dans la partie, dans les danses, et on lui ouvre la porte pour qu'il vienne se déverser dans nos âmes; ça n'a pas de fin, tout ceci dure depuis une éternité, au moins.
mp3 Batimbo(du Burundi)/ ubumwe
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