« J'étais sérieux, mais par perversion »

20071210

Que le Duke m'en soit témoin.


En effet, oui, il eut été question que je supprime mon petit blogspot, cette page en forme de soundsystem. Pour être honnête, et il faut que je le sois c'est toujours mieux (dixit la Bible ou quoi), j'étais plus dans une logique quantitative que qualitative. Shame on me. Rien que 10-15 personnes venant baigner leurs oreilles dans les remous de mes mp3, cela me semblait que trop peu encourageant, voire plus ou moins une perte de temps. Et puis, au dermier moment, méditant sur le phénomêne à la veille d'un effacement définitif, je me suis surpris entrain de mettre de l'eau dans mon vin, ou plutôt un aspégic dans mon verre. TTTTTTSSSSSSSSSSSSSSS... Non et non, je ne pouvais me résoudre à tout balancer au néant, qui plus est pour des prétextes tant bidons que vains. Un bye-bye de la sorte, aussi sec, insipide, ce n'était pas moi. Je repensais alors à ce cher Duke Ellington. Pourquoi? Parce que. Lui, le plus élégant des hommes, était capable d'extraire des derniers instants d'un concert l'ultime souffle chaud, du pur amour, comme pour laisser le public en suspension, une foule triste mais râvie de l'être, la nostalgie, belle. En bon prince, Duke veillait personnellement à déposer la larme au coin de l'oeil de chaque spectateur. You are very beautiful, very sweat, and we do love you madly.

Duke Ellington/ mood indigo outro (Live @ Newport Festival, 1956)

Quant à moi et mes adieux minables, j'en devenais tout honteux d'avoir développé ne serait-ce que l'intention d'agir de la sorte. Allons bon, un peu de grandeur, de finesse dans un monde de brutes, merde! Petit à petit, mon état d'esprit allait donc positivement à rebours de mes conclusions et autres certitudes, anticipant un ciel clair et large par-delà les brouillards des pistes brouillées. Puis, toujours le Duke, je pensais aussi à ce récital solo qu'il donna vers la fin de sa vie, lui l'homme des grands orchestres, au Whitney Museum de NYC. Il y a sur cet enregistrement une petite merveille, petite version de "Dancers In Love", touchante et spéciale de par l'interaction joyeuse mise en place avec l'auditoire. En réécoutant ce titre, je ne pouvais y voir qu'une belle métaphore, nouvel horizon.

Duke Ellington/ dancers in love (Live @ Whitney Museum, 1972)



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