A travers la ville, j'y suis, dans l'errance. Certaines rues m'absorbent. Certains passages me perdent. Et certaines ruelles me rejettent. J'avance sur les grandes artères avec cette impression étrange que mes pas marquent les secondes d'une sorte de grande horlogerie, mécanique urbaine. Dans ma tête pourtant, le temps devient aléatoire. Idées, pensées, passé, présent, jusqu'aux lendemains, se mêlent en cohue. J'ai l'entendement qui tremble, un peu. Puis voici que la nuit tombe, couleurs douces. Puis voici que la nuit se répand, définitivement. En route, sous des halots de lampadaires ou d'enseignes, à travers les feux, je devine peu à peu une sorte de dimension dramatique sous-jacente aux choses. Je continue d'avancer, démarche lente, dans les nuances du clair-obscur. Le trouble, ce brouillard des raisonnements, en moi, s'évade par la marche mettant à jour quelques cris du coeur. Elle, perle précieuse, lumière, apparaît alors dans mes petits rêves. Soudain, je m'arrête au bord de l'eau, reposant mes tensions sur le garde-fous, les yeux aux flots. Je pense à elle. J'y pense fort. Et j'y pense bien. Parfois oui, après tant de doutes l'esprit crée de belles choses. Du bout des doigts j'effleure le petit téléphone dans ma poche. Là où je me trouve, posé, reposé, quelques scintillements viennent se fondre sur les remous du liquide fluvial. Je me laisse distraire par ce mini feu d'artifice, puis je me dis que bien sûr je vais l'appeler, pourquoi pas. Et je lui dirai tout, tout ce que j'ai cru voir ces dernières heures, les carrefours, les choix, les directions, ce que j'ai vu, ce que je sais... Ma mâchoire se serre, juste un peu. Le vent passe sur mes joues. Je m'aperçois que le froid enmène avec lui quelque-unes de mes larmes. Je ne suis pas triste. Je pense, c'est tout. Comment peut-on partager ce que l'on sait? Comment le dire? Comment être sûr qu'il ne s'agit pas d'une folie? Je... je suis un homme sensible. Est-ce que toi aussi tu les vois, ces choses qui brillent, intenses... les derniers mots du film Eyes Wide Shut?
Prince/ iiittt (Ce titre est juste INCROYABLE!!!)
« J'étais sérieux, mais par perversion »
20080328
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2 commentaires:
Magnifique, as usual.
I miss your words, as usual.
Je ne t'ai jamais dis à quel point ce texte m'a touché. Tu es merveilleux
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