


Jeudi soir, vers la 6e minute du 3e quart-temps, Paul Pierce s'écroule. Il rampe alors fébrilement jusqu'au bord du terrain. Le caméraman zoome sur sa gueule, on y voit des larmes, c'est indéniable il souffre le martyre. Double P, chaud-bouillant, vient de s'entrechoquer avec son coéquipier Perkins en défendant dur sur Kobe Bryant. Gros malaise dans un Garden Stadium plein à rabord, plus personne ne bouge, apnée collective, peut-être même un record du monde. Ses partenaires le portent, le mettent sur une chaise roulante, dépités, le laissant filer au vestiaire comme vers les ténèbres. Non, pas lui, il en a déjà tellement chié dans sa carrière, cette saison est la sienne; il ne mérite pas ça. Malgré tout, le jeu continue. Le génial Garnett tente de remotiver les troupes vertes, mais les Lakers n'ont aucuns scrupules à scorer face à des Celtics sous le choc, plombés.
Quelques minutes passent, lentes, étranges, lourdes...
Et là, une scène extraordinaire, on se serait cru à la fin du film Jerry McGuire. Qui, mais qui débarque sur le bord du terrain, torse bombé, maillot bien ajusté, les yeux en feu? Oh oui, mesdames et messieurs, Paul Pierce en personne. Hallucinatoire. Dans le Stadium, tout le monde se lève, une pluie de larmes de joie, standing ovation devant le miracle. Au taquet, le DJ-speaker de la soirée balance la musique de Rocky Balboa, ambiance folle. Double P, galvanisé, met un premier pied sur le parquet. Son coach, les yeux écarquillés, le retient par le maillot du genre: "Putain j'te croyais dead. Prends du Gatorade, repose-toi quelques instants..." Non, show must go on, tout de suite. On peut entendre Kevin Garnett et Ray Allen criaient: "yeeeeeees". Mais à peine deux secondes sur le terrain, et il se prend une sèche de Kobe Bryant dans le visage. C'est pas possible, pas maintenant, Pierce va craquer. Pas du tout, à croire qu'une oreillette invisible lui diffuse le dernier album de Usher, il reste cool, dans le jeu, et quel jeu, crazy. Direct, il pose deux tirs primés d'affilé, et Boston revient au score.
Encore, pour l'anecdote, Double P était censé se reposer en début de quatrième quart-temps. Mais non, on pouvait le voir faire du vélo-musculation, près du banc, façon aller-retour vers la lune. Quelle soirée mes enfants. Au coup de sifflet, le tableau scintillait 98-88.
Boston 1 - Los Angeles 0.

Oh lala, on le voyait venir, on le sentait, ou plutôt on en rêvait, Lakers vs. Celtics, une finale de malade. Mais alors là, un truc pareil dès le game 1, vous pouvez commencer à écrire vos petits papiers rubrique "mythique". Cependant pour le game 2, dimanche soir... XOXOXO
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