« J'étais sérieux, mais par perversion »

20080619

Game 6: The End




Il y a des nuits comme ça où le ciel se constelle d'immenses feux de Bengale verts, c'est beau, grandiose, esthétique du frisson. On écarquille les yeux, on savoure, on inscrit l'instant sur nos pupilles devenues elles-aussi magiciennes. Le phénomêne ne s'était d'ailleurs plus produit depuis quoi, 1986, ben ouais. La raréfaction faisant le prix, tous les fans des C's ont donc été happés par la sublime impression de participer à un happy few pour milliardaire. Mais attention, la partie-party n'en fut pas pour autant hautaine, non, plaisirs simples, tel un Pierce versant un gros bidon de liquide énergétique rouge sur le dos du Doc, et lui tout collant, qui semblait apprécier ce soin plus qu'un spa des Bahamas. Et Kevin Garnett, on l'aura rarement vu se lâcher à ce point, totalement submergé par l'émotion. Oh oui, de l'ambiance il y en avait, voire même autant le dire, une transe collective furieusement sensationnelle. Faut avouer que les artificiers n'ont carrément pas lésiné sur l'aspect générosité des festivités. Pour propulser la foule, quoi de mieux en effet que de faire scintiller le nombre 131 au tableau d'affichage, numérologie quasi narcotique, stupéfiante, sans aucun doute le symbole chiffré de l'embrasement. C'est sûr, mardi soir, tout a été vu en très très très grand. Puis la chose est apparue, sphère philosophale, un trophée scintillant de reflets et presque aveuglant de par son rayonnement interne. Et là, tout le monde s'est mis à pleurer pour de bon, humidité joyeuse, champagne corporel, des rivières pétillantes sillonnant jusqu'aux dessous de sièges. Sous les millions de flocons de papiers, les plus fidèles s'en sont remis au protocole, sortant de gros cigares pour les brandir religieusement sous la coupole du Garden. Une histoire de mémoire, celle de Red Auerbach, maître à penser historique du club et amateur de fumée cubaine millésimée. Faut le croire, ce gros ballon d'or, tout le monde l'a vu arriver au ralenti tellement c'était majestueux. Une extase.
BOSTON CELTICS 4 - Los Angeles Lakers 2.

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