- Il pleut? Regarde-toi "Jungle Fever" ou "Do The Right Thing".
- Eh mais ouais OK bonne idée Spikeee.
ArThUrCrAvAnSoUnDsYsTeM
« J'étais sérieux, mais par perversion »
20081028
20080918
****** Sly Stone x George Clinton ******
- Allo George, tu veux pas venir ce soir? Je rejoue, marre de la retraite.
- Ok. Tu t'habilles comment?
- Euh, jogging en peau d'ours et bob blanc.
- Bon bon, moi j'viens avec mes dreadlocks arc-en-ciel alors.
- Ok. Tu t'habilles comment?
- Euh, jogging en peau d'ours et bob blanc.
- Bon bon, moi j'viens avec mes dreadlocks arc-en-ciel alors.
20080916
****** Bodyguard and family affair ******
Eh mec, ça y est, t'as branché ta connerie d'magnéto? On va pouvoir commencer alors. Vous les journalistes, toujours besoin de traces hein, sinon c'est la panique. Bref, si j'ai bien compris, tu t'demandes c'que j'fous au 783 Bel Air Road. Bon Dieu d'merde, j'adore cette ville, Los Angeles baby. Oh, j'sais très bien qu'on bave pas mal de trucs sur mon compte, un ex-taulard, un dingue, ancien dealer du pavé, proxénète des blocs miteux... J'confirmerai pas la totale à un juge, mais disons qu'ma réputation m'précède, voilà, c'est moi Hamp Banks. Eh petit, fais comme tout l'monde, appelle-moi Bubba, et surtout, parle-moi bien. T'sais, j'comprends ta démarche, beaucoup d'personnes s'interrogent, qu'est-ce que j'fous avec Sly, tout ça... J'te répondrai que j'ai toujours bien aimé la musique, un vrai putain d'mélomane. Et l'funk est en marche mon frère, j'vois l'histoire s'faire de l'intérieur, vraiment cool. Mais ok, on va dire que Sly a détécté en moi des qualités qui peuvent lui être utiles. Maintenant c'est mon job, t'vois, m'occuper d'lui, faire du tris dans les groupies, gérer les stocks d'dope, matraquer les enfoirés... T'comprends, chaque jour j'dois descendre du ciel, j'suis son putain d'ange gardien ah ah. L'problême avec Sly Stone? Il vit hors du monde, dans une bulle, loin d'vous, tous les ploucs. Il joue, il baise, il se défonce; le reste c'est bien trop futile pour lui. Alors moi, j'gère les petits tracas du quotidien à sa place, l'envers du décor, j'fais l'intermédiaire quoi. Exemple, encore une fois Mr. Stone annule un concert d'la Family, à la dernière minute, trop occupé d'fourrer la moindre groupie avant même d'être apparu à la foule. Là les promoteurs sont trop furax, menaces et tout l'bordel, normal, question d'gros sous quand on est censé jouer devant des milliers d'gens. Alors c'qu'on fait, avec mes potes Eddie, J.R et J.B, on va causer avec les types, bousculer un peu, puis on calme l'jeu avec des promesses, et tout redevient cool, tout l'monde il est gentil. Bref, pas question d'rembourser les organisateurs, ça mettrait trop l'bazar dans notre comptabilité, t'vois, mieux vaut garder les biftons. Oh ouais, faut pas chercher loin, la thune c'est l'nerf d'la guerre mon frère... Rien qu'en dope putain, avec toute la smala autour d'Sly, ça coûte bonbon d'arroser tous ces freaks. A ton avis, on trouve quoi dans l'étui à violon que Sly "Stone" trimballe en permanence. Ces temps-ci, il parle même d'prendre un étui d'contre-basse, ah ah, pour éviter les aller-retours intempestifs. Et t'veux que j'te dise, la villa d'Bel Air, 12.000 dollars par mois la crêche, sans compter les bureaux sur Vine Street, cette connerie d'Stone Flower Production. T'parles d'une bohême, une grosse pile d'factures ouais! D'ailleurs la baraque, elle appartient à John Phillips, un loser des Mama's & The Papa's. L'type a beau chanter sa guimauve peace and love, quand on oublie d'poser l'loyer, c'connard nous rameute une escadrille d'chicanos qui viennent faire toc-toc du bout du flingue. Heureusement, nous aussi on est funky, pur jus même. Comme j'leur ai dit, la prochaine fois c'est plus en l'air qu'on tire les mecs! Par contre, euh ouais, le Sylvester, enfin Sly, j'dois l'remettre à sa place parfois. Comme l'autre coup, quand la maison Epic a fermé l'robinet à fric. Sly m'sort d'aller leur mettre un calibre sous l'nez pour récupérer du cash. Non, bordel non, ces mecs c'sont des puissants, une multinationale, Wall Street et tout l'tralala, j'veux pas finir avec une deuxième meute du FBI collée au cul. Alors j'ai fait mon maximum, j'l'ai trimballé jusqu'à Beverly Hills, histoire qu'il aille faire lui-même sa requête chez monseigneur Clive Davis. T'parles d'un plan, Sly n'a même pas pris la peine de s'saper, trop à l'aise dans son pyjama en soie. Mr. Stone s'est pointé comme ça devant l'boss, tout défoncé, en lui braillant t'veux un disque oui ou merde, c'est une émeute qui arrive, file-moi mon fric. Dingue non? Ben n'empêche son numéro a dû marcher, boom dès l'lendemain la trésorerie s'est remise en route. A propos ouais, t'voulais justement savoir où en est Sly avec son funk? C'est simple, une fois qu'il a sa dose de plaisirs terrestres, il part là-haut comme une fusée, au premier étage du château. Putain, il peut rester des heures dans l'studio, à jouer des lignes d'basse sans fin, à marmonner des trucs fous, à bidouiller sur une console qui grésille sous l'Dom Perignon... D'toute façon, plus qu'jamais, il est seul maîte à bord. Les autres de la Family s'font d'plus en plus rares, frustrés, marre de tout c'cirque. Larry Graham est même resté à Frisco j'crois. Voilà, ils savent à quoi s'en tenir, Sly effacera les overdubs pour tout refaire comme ça s'passe dans sa tête. En tout cas, de c'que j'entends d'derrière la porte, c'est juste dingue, même un peu trop louche, la bande originale d'nos vies quoi... Putain d'musique complètement libre qui passe par l'trou de la serrure, une danse sauvage hypnotisée par la dope, du méchant sale funk indompté qui vous nargue d'là-haut, en orbite, éléctrique! Et l'paradoxe? C'son est tout à la fois stressé, paranoïaque, si si, squelettique par instant. Je l'ai dit, ouais, l'reflet d'nos vies. L'instant d'avant j'sais pas moi, genre Mr. Stone piquait du nez sur l'cul d'une meuf, la bite à l'air, et juste après il est sur l'coup d'un hymne qui va retourner l'ghetto. Ecoute-moi bien mec, ce LP qu'il prépare, l'truc tant promis aux connards d'Epic, t'sais c'que ça va être? Un flash, un gros flash d'héro, PCP, cocaïne c'que tu veux. T'saisis l'truc? Il va leur refiler un monstre d'flash posé sur bande magnétique. Sly l'appelle son Riot-machin-truc, bientôt, ça va faire du bruit. Mmmh bon, j'ai la gorge sèche maintenant... T'peux couper ton magnéto l'ami, moi j'trace. Quoi quoi? Euh ouais, à l'occasion on t'enverra un 45t promo de Sly & the Family Stone.
20080914
****** Oui Lew mais oui ******

Quand Lew pose sa ritournelle sur le bitume parfumé de NYC, c'est pour mieux s'en éloigner. Libre à nous alors de déplacer la mélodie vers d'autres contrées, coordonnées géographiques plus proches, plus personnelles. D'ailleurs certains n'hésiteront pas à en faire la transfiguration poético-soul d'un adieu ambigu à leur emplacement de camping. Et si le message d'une chanson s'adresse à tous, c'est drôle mais, parfois, nos yeux ont l'air plus ému que ceux des autres.
- Lew Kirton/ N.Y.C
20080819
****** Une errance, là-bas ******

Lorsqu'on décide, un jour de pluie par exemple, de mettre le nez dans une biographie de Marvin Gaye en tant que liste froidement chronologique énonçant des faits rien que des faits, on peut être surpris à la vue d'une sorte de faille spatio-temporelle qui correspond à 1981-1982. Il est indiqué noir sur blanc que durant ces deux années, ce cher Marvin a vécu sans discontinuité du côté de Ostende. Etonné, on cherche des réponses. Quoi, Ostende est peut-être le nom d'une petite bourgade nord-américaine, jadis en vogue, dans laquelle une méga-star se devait de posséder un ranch avec une écurie de petits poneys? Mieux encore, il doit plus sûrement s'agir du blaze d'un îlot paradisiaque situé dans un quelconque archipel de l'océan indien. Mais non, pas du tout, tout faux, géographiquement il s'agit bien de Ostende, cette petite station balnéaire pas très glamour, à l'est de la Belgique, face à la mer du Nord. Ah ouais?! A la fin des 70's, Marvin est au bout du rouleau. Son mariage avec Anna Gordy, de 17 ans son aînée, soeur du requin Berry Gordy boss de la Motown, part complètement en sucette. Crac, c'est le divorce. Et ça fait mal. Plus ou moins sur la paille, le Fisc choisit justement ce triste moment pour venir faire chier le géant de la Soul. Quoi de plus naturel alors que de confier ses peines à une bonne montagne de coke, en compagnie de quelques putes compatissantes? Autrement dit, il ne quitte plus son peignoire en soie du Japon brodé à ses initiales. Mais Marvin, encore conscient, se saît à la dérive et décide brusquement de quitter les USA, direction le vieux continent histoire de prendre un peu l'air. En juillet 1980, il donne un fabuleux concert au festival de Montreux. Dès le lendemain, il part pour l'Angleterre, où il doit se produire lors d'un gala de charité en présence de membres de la famille royale. Là, pris de panique, il ne monte sur scène que très tard dans la nuit et donne un concert chaotique. Marvin s'enfonce. Il pose alors ses valises à Londres, avec à nouveau dope, dealers, putes, parano... Marvin touche le fond, ses yeux ne dérougissent plus. Parallèlement à tout ce cirque, un dénommé Jimmy, tenancier d'une petite pension minable sur les bords de la mer froide, Ostende, Belgique, passe le plus clair de son temps à se passer en boucle de la bonne black-music en rêvant d'une autre vie. Plus jeune, il a bien organisé quelques concerts, gigs foireux, dans une salle annexe du Grand Casino, mais cela remonte à loin maintenant. Jimmy est un homme triste, un peu incompris, et pas du tout comblé. Puis un matin, en lisant une banale revue musicale, il prend connaissance de toute la merde qui entoure son idole, Marvin Gaye, en perdition depuis plusieurs mois dans la city londonnienne. Il se dit alors, tout naturellement, que se serait cool de prendre le ferry, et d'aller trouver Marvin pour lui dire: "Je t'aime mon frère, viens chez moi, tu y seras bien... ma femme est assez bonne cuisinière". Jimmy, en regardant par dessus la mer, en arrive presque à aperçevoir Marvin, les yeux rouges comme des phares, le nez dans la coke, l'air agard, souriant mollement à deux call-girls posées sur ses genoux, incapable de chanter la moindre ritournelle. Rien à foutre, Jimmy se casse. Le truc un peu incroyable c'est que, arrivé à Londres, il se démerde bien et réussit à localiser Marvin assez rapidement. Et vous savez quoi, le plus incroyable c'est qu'il réussit à l'approcher, même à lui parler, lui fait sa proposition, une tirade de pur amour, lui dit qu'il va l'aider à décrocher de la dope, et qu'il reviendra au sommet du business car sans lui la musique perd un bout d'âme. Marvin regarde alors ce type, cet inconnu, ce putain d'enfoiré qui ne manque pas de culot mais qui touche le point sensible, puis verse une larme, deux, trois, s'ensuit les sanglots du purgatoire, le chanteur fait ses valises et... il suit Jimmy, loin, ailleurs. Dans une interview, peut-être la seule donnée par Marvin lors de son séjour à Ostende, il déclare: «Pour le moment je suis un orphelin et Ostende est mon orphelinat. Dans l'ensemble les ostendais sont gentils et dès lors je les aime. Ce sont des gens qui se respectent et vivent en paix. Je n'imagine pas ici qu'un policier se soit déjà servi d'un revolver.» Fin 1982, en meilleure forme, Marvin Gaye repart pour Los Angeles avec sous le bras les pré-maquettes de Midnight Love. Une fois en boîte, bam, l'album est un énorme succès, avec entre autres le tube Sexual Healing: comeback, applaudissements, cris, hystérie, limousines, Grammy Award, etc. Lui et Jimmy vont s'écrire quelques lettres, se promettant de se revoir dès que possible, mais (là est l'embarras)... le 1er avril 1984, jour de son anniversaire, Marvin est assassiné par son père de plusieurs balles de revolver.
- Marvin Gaye / when did you stop loving me
20080810
****** Team USA x Marvin Gaye ******
Attends attends, deux petites secondes, faut que je gère mes frissons. Mmm voilà. La virgule a visé juste, le Star Spangled Banner du All-Star Game '83 reste d'actualité.
20080808
****** Je... ******
Entre le béton et mon dos, un voile humide que je ne renie pas. Là-haut, le ciel est mélodiquement bleu, rond, ciselé aux bordures par des pointes d'immeubles et les arbres, quelques traces d'oiseaux. Mon regard joue, compose, création de petits rythmes comme à la lecture du Salon de Kandinsky. Plus près de moi, nourrie d'un soleil hissé, une étrange ribambelle florale génère un éclair magique. Je... Oui je tombe amoureux d'une pétale, celle-ci, juste ici, teinte vive et toucher doux, la plus belle du parterre arc-en-ciel. Un peu, beaucoup, passionnément, à la... Dans cet air tiède qui ronronne, ma flamme se fait folle. "Chère pétale, puis-je déposer à tes pieds, goutte à goutte, quelques diamants?" Pas de réponse. Rien. Puis, dans un murmure de nature, c'est la fleur qui me questionne. Je réponds. "Ma bulle de vie est claire, mais floutée de chaleur, raffinement du contraste, paradoxe et promesse." Je me trouve là, insolé, entre dandysme et animisme.
- Johnson, Hawkins, Tatum & Durr / you're all i need to make it
- Ginger Johnson And His African Messengers / watusi
- DJ Quick & 2ndIINone / hand in hand
- Johnson, Hawkins, Tatum & Durr / you're all i need to make it
- Ginger Johnson And His African Messengers / watusi
- DJ Quick & 2ndIINone / hand in hand
20080724
****** Million dollar baby ******
Candice Parker, ou Candace, tu vois, elle est trop hot. Enfin plus ou moins, car il n'est pas question de trucs salaces ou quoi, je m'explique, il s'agit plus d'une histoire de stats... D'abord, c'est la deuxième joueuse de l'histoire qui claque un dunk en match officiel. On s'en rappelle, c'était tout juste quelques semaines en arrière, comme ça, boom. De quoi rentrer dans l'histoire, le regard haut mais sexy comme dans un clip de Kelis. Mais attention, ce n'est pas fini. Voilà qu'elle se clash avec Cheryl Ford, la fille de Karl Malone, genre "sale pute c'est moi la meilleure tu crois quoi". Résultat, on en peut plus, première baston générale en WNBA, le miracle. A l'avenir, Sparks contre Shock, ce sera LE derby, bien tendu, bien moite. Mais oooh, toujours rien de salace hein, c'est du sport ok.
20080627
****** Dans ce contexte ******
Je me remémore assez clairement les renseignements fournis par la vieille dame en uniforme. Plus loin, il y aurait donc une supérette, sur la gauche, façade jaune, et qui théoriquement devrait fermer d'ici peu. Accélération, paramètres physiologiques en ébullition, je presse le pas, laissant poindre quelques perles de sueur sous mon polo. D'ailleurs, c'est l'occasion ou jamais de tester la véracité de ces baskets que je ne porte que très rarement. Inévitablement, j'écourte l'aspect découverte de ce quartier que je ne connais presque pas, disons presque plus. Et je fonce tête baissée, corps lancé, comme propulsé par une force hautement instinctive. Ma casquette se charge d'absorber la chaleur de mon crâne. Tout autour de moi, les choses paraissent floues, à peine esquissées. Conclusion de ce dynamisme, assez rapidement j'en viens à poser mon ombre sur la porte d'entrée du fameux commerce. Et me voici arpentant, observant, traversant, comparant, longeant, analysant, autrement dit rôdant che-lou un peu partout. Mais, il faut le dire, tout cela n'est rien, pas grand chose, tout juste l'histoire d'un mec en bermuda qui tente de faire son truc le mieux possible en fonction de critères comme le timing, le pouvoir d'achat, ou encore la tentative d'éviction du stress. Je manipule, je retourne, je repose, et parfois, enfin, je couche certaines choses dans le fond d'un panier rouge un peu collant. Puis, là, quoi, au détour de ma tâche, étonnante surprise, d'incroyables sensations surgissent comme ça, à l'improviste. En effet, au coeur de l'allée des produits congelés, une véritable danse d'effluves givrées s'approche de moi pour me caresser nuque, mollets, avant-bras... J'ai l'impression de flotter. Néanmoins, outre la poésie de l'instant, outre ce bénéfice sans mots, je ne peux m'empêcher de déconstruire le phénomêne. Car il s'agit peut être d'une prévision scientifique perfide, afin que, relâché, le client se mette à consommer plus, comme hypnotisé par ce rafraîchissement soudain. Pour ma part, je suis quasi certain que ce vent frais, bon, très bon, trop bon, est à l'origine d'achats suplémentaires inconsidérés, telle une bouteille de vin millésimée de dernière minute. Bref. Mais maintenant, les jeux sont faits, la dernière opération s'annonce à quelques centimètres. De toute façon, depuis quelques minutes une voix répète dans le micro que "game is over, on ferme". Je formule donc quelques goodies de politesse pour la caissière, charmant petit bout de femme en uniforme rose. Intimité partagée sous un sourire peu banal, tous mes achats passent entre ses mains, manipulation étonemment délicate pour une fin de journée. Merguez, bip. Ketchup, bip. Pain, bip. Chips, bip. Taboulet, bip. Tomate, bip. Poivron, bip. Bière, bip. Vin de pays, bip. Jouet, bip. Habillement, bip. Papéterie, bip...etc. J'entends: "Ah, un barbecue?". Et je réponds: "Oui, merci". Puis je me dis: "Pourquoi ai-je balancé un merci avec mon oui? Et pourquoi avoir acheté ce ballon Kung-fu Panda, ce chapeau de paille, et ce kit de papier-à-lettres écologique mais à priori trop granuleux?". Définitivement, ce rayon réfrigéré est à manier avec des pincettes, de quoi perdre pied.
- Gilberto Gil / palco
- Gilberto Gil / palco
20080619
Game 6: The End



Il y a des nuits comme ça où le ciel se constelle d'immenses feux de Bengale verts, c'est beau, grandiose, esthétique du frisson. On écarquille les yeux, on savoure, on inscrit l'instant sur nos pupilles devenues elles-aussi magiciennes. Le phénomêne ne s'était d'ailleurs plus produit depuis quoi, 1986, ben ouais. La raréfaction faisant le prix, tous les fans des C's ont donc été happés par la sublime impression de participer à un happy few pour milliardaire. Mais attention, la partie-party n'en fut pas pour autant hautaine, non, plaisirs simples, tel un Pierce versant un gros bidon de liquide énergétique rouge sur le dos du Doc, et lui tout collant, qui semblait apprécier ce soin plus qu'un spa des Bahamas. Et Kevin Garnett, on l'aura rarement vu se lâcher à ce point, totalement submergé par l'émotion. Oh oui, de l'ambiance il y en avait, voire même autant le dire, une transe collective furieusement sensationnelle. Faut avouer que les artificiers n'ont carrément pas lésiné sur l'aspect générosité des festivités. Pour propulser la foule, quoi de mieux en effet que de faire scintiller le nombre 131 au tableau d'affichage, numérologie quasi narcotique, stupéfiante, sans aucun doute le symbole chiffré de l'embrasement. C'est sûr, mardi soir, tout a été vu en très très très grand. Puis la chose est apparue, sphère philosophale, un trophée scintillant de reflets et presque aveuglant de par son rayonnement interne. Et là, tout le monde s'est mis à pleurer pour de bon, humidité joyeuse, champagne corporel, des rivières pétillantes sillonnant jusqu'aux dessous de sièges. Sous les millions de flocons de papiers, les plus fidèles s'en sont remis au protocole, sortant de gros cigares pour les brandir religieusement sous la coupole du Garden. Une histoire de mémoire, celle de Red Auerbach, maître à penser historique du club et amateur de fumée cubaine millésimée. Faut le croire, ce gros ballon d'or, tout le monde l'a vu arriver au ralenti tellement c'était majestueux. Une extase.
BOSTON CELTICS 4 - Los Angeles Lakers 2.
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